Introduction (Francaise)
Le territoire qui forme après la révolution
de 1830 le nouveau royaume de la Belgique, est incorporé à la France en octobre
1795. Le 9 vendémiaire an IV (1er octobre 1795), la Convention vote
la réunion des Pays-Bas autrichiens et des pays de Liège et de Stavelot-Malmédy
à la République. Le 4 brumaire an IV (26 août 1795), le duché de Bouillon est
également annexé. Faisant partie intégrante de la République, puis de l’Empire,
les diverses constitutions françaises y sont introduites.[1]
Après les événements de 1814-1815, les
Puissances Alliées prévoient que la Belgique sera "remise à toute
perpétuité à la Hollande" et que "cette réunion devra être intime et
complète de façon que les deux pays ne forment qu’un seul et même État, régi
par la Constitution déjà établie en Hollande, et qui sera modifiée d’un commun
accord". La constitution est acceptée par les notables belges, le 18 août
1815, selon "l’arithmétique hollandaise".[2] La Grondwet van het
Koninkrijk der Nederlanden. Loi fondamentale pour le royaume des Pays-Bas a
été publiée comme supplément au n° 29 du Journal Officiel.[3]
En septembre 1830, les Pays-Bas méridionaux
se révoltent contre Guillaume Ier. Après la défaite de l’armée
hollandaise, le gouvernement provisoire déclare, le 4 octobre 1830,
l’indépendance de la Belgique. Un décret du 10 octobre 1830 organise l’élection
d’une constituante (Congrès National – Volksraad). La constitution est
adoptée le 7 février 1831.
La Révolution liégeoise et le "Congrès de Polleur"
La Principauté de Liège est un état du
Saint Empire romain germanique, qui occupe un territoire d’environ 5.700 km².
Le 18 août 1789, après plusieurs années d'opposition au prince-évêque
Hoensbroech, éclate la Révolution liégeoise. Dans le marquisat de Franchimont,
qui fait partie intégrante de la Principauté, la Régence de Theux décide, le 9
août 1789, de convoquer les autres communautés pour résoudre leurs griefs
communs. Le 26 août, le congrès commence ses activités à Polleur. Le 10
septembre, L.-F. Dethier propose au congrès, à l’exemple de la France,
l’adoption d’une déclaration des droits de l’homme et du citoyen. Lors de la
séance du 16 septembre cette déclaration est adoptée par le congrès. En janvier
1791, les troupes autrichiennes reconquirent le marquisat de Franchimont.
Le texte de la déclaration est édité
d’après le texte publié dans le Journal des séances du Congrès du Marquisat
de Franchimont, tenu au village de Polleur.[4]
Ce Journal est l’œuvre du secrétaire du congrès, Jean-Guillaume
Brixhe (Spa, 1758-Liège, 1807), jurisconsulte et homme politique.
L’orthographe, la ponctuation et l’emploi des majuscules ont été maintenus.
L’original des procès-verbaux des séances n’a pas pu être retrouvé. Brixhe
publie par la suite, en l’an IV, d’une manière plus complète, les procès-verbaux
des séances du Congrès de Polleur.[5]
Le "Traité d’union des États Belgiques"
Le 24 octobre 1789, H.Ch. van der Noot,
"agent plénipotentiaire" du peuple brabançon publie, à Hoogstraten,
son " Manifeste du peuple brabançon". Le même jour, l’armée des
"patriotes" du général vander Mersch franchit la frontière
néerlandaise. Elle obtient sa première victoire lors de la Bataille de
Turnhout, le 27 octobre. Peu Ă peu, les Pays-Bas autrichiens tombent aux mains
des "patriotes". Le 15-16 décembre 1789, Malines déclare l’empereur
déchu de la souveraineté ; le 21 décembre, le Hainaut ; le 23
décembre, Namur ; le 26 décembre, Tournai et le Tournaisis ; le 1er
janvier 1790, la Gueldre ; le 4 janvier, la Flandre ; le 1er
mars, la West-Flandre ; le 9 mars, le Limbourg Outre-Meuse. En outre, le
31 décembre 1789, les trois états représentant le peuple du duché de Brabant
s’attribuent la souveraineté de ce duché. Le 11 janvier 1790, un Traité
d’union est signé entre le Brabant, la Gueldres, les Flandres, la
West-Flandre, l’Hainaut, Namur, Tournai, le Tournaisis et Malines. La
ratification par les Ă©tats de ces provinces, le 20 janvier 1790, est Ă
l’origine d’une nouvelle confédération, les "États belgiques unis".
La Convention de Reichenbach (1790) signifie la fin de ce nouvel état.
Cette édition du traité d’union reprend le
texte français du placard Traité d’union et établissement du Congrès
souverain des États belgiques unis, publié à Bruxelles en 1790 par P.J.
Haes. L’orthographe, la ponctuation et l’emploi des majuscules ont été
maintenus. La version originale du Traité n’a pas pu être retrouvée. Il
a été également édité par L.P. Gachard et par P. Verhaegen.[6] La version néerlandaise reprend
le texte imprimé envoyé, le 25 juin 1790, par le Congrès aux États souverains
de Gueldre. Le texte néerlandais est adopté au style local et publié, par ordre
des États du 1er juillet 1790, le 12 juillet à Zwalmen.
Le duché souverain de Bouillon
Jusqu’en 1795, le duché de Bouillon est une
minuscule principauté indépendante et souveraine sous le règne des la Tour
d’Auvergne. Sous l’influence des événements à Paris, un décret du 24 février
1790 y introduit d’importantes réformes. A l’initiative de François Pirson, qui
réside à Paris pendant le mois de juillet 1790, des représentants des communautés
se rassemblent à Paliseul, le 7 mars 1790. Un comité, représentant les quatre
districts du duchĂ©, est constituĂ©. Le 19 avril, les dĂ©putĂ©s se rĂ©unissent Ă
Bouillon et décident d’élaborer une constitution. La constituante va siéger
jusqu’en novembre 1792. La constitution est adoptée le 23 mars 1792. Le texte
est précédé d’une déclaration des droits de l’homme, adopté par l’assemblée, le
19 février 1791.
Le texte est édité d’après le manuscrit
original, signé et scellé par Godefroy-Charles-Henri de la Tour, duc de
Bouillon, prince de Turenne.[7]
Ce manuscrit a été collationné avec le texte enregistré à la Cour Souveraine de
Bouillon, le 1er mai 1792.[8]
L’orthographe, la ponctuation et l’emploi des majuscules du manuscrit de
Bouillon ont été maintenus. Il convient de souligner le manque d’uniformité
dans le manuscrit. Il faut en outre mentionner que le manuscrit de Bouillon
fait usage du "ij", contrairement au manuscrit d’Arlon, qui emploie
le "y". L’édition par M. L. Polain, Recueil des ordonnances du Duché
de Bouillon. 1240-1795, Bruxelles: Fr. Gobaerts, 1868, 323-341 est sujet Ă
caution.
Le royaume de la Belgique
L’union des libéraux et des catholiques
dans les Pays-Bas méridionaux aboutit en septembre 1830 en une révolution
contre Guillaume 1er.. Un décret du 26 septembre organise un Gouvernement
provisoire (Tijdelijke regering). Deux jours plus tard, un Comité
central (Hoofdbewind) est créé au sein du Gouvernement provisoire.
Le Comité central est chargé d’élaborer un projet de constitution, qui
doit être examiné par un Congrès national (Volksraad). Le Comité
central étant surchargé, une Commission de constitution (Commissie
voor de grondwet) doit élaborer un projet de constitution. Cette commission
commence ses travaux le 12 octobre. Le 27 octobre le projet est soumis au Comité
central. Cette édition reprend le texte du "Projet de constitution
pour la Belgique".[9]
L’orthographe, la ponctuation et l’emploi des majuscules ont été maintenus. Le
10 novembre, le Congrès national se réunit pour la première fois. Ses
activités se terminent le 21 juillet 1831. Le 25 novembre, le projet de
constitution de la Commission de constitution est remis aux diverses
sections pour discussion. Le même jour, quatre représentants – Forgeur,
Barbanson, Fleussu et Liedts – proposent un projet alternatif qui rejète
l’option pour un système bicaméral. Cette édition reprend le texte du Projet
de constitution, distribué aux constituants.[10] Dans cette édition,
l’orthographe, la ponctuation et l’emploi des majuscules ont été maintenus. Le
4 décembre, le Congrès commence la discussion du projet de constitution.
Après 36 sessions, le texte de la constitution est adopté le 7 février 1831. A
juste titre, Horst Dippel a décrit cette constitution comme "a masterpiece
of constitutional camouflage".[11]
Voulant consolider la révolution dans les plus brefs délais, les constituants
ont opté pour des compromis qui ne donnent point de solutions définitives,
évitant ainsi de discuter les problèmes fondamentaux.
Le texte édité reprend le texte de la
"Constitution de la Belgique. Staetswet van België", publié dans Bulletin
officiel des décrets du Congrès National de la Belgique, et des arrêtés du
pouvoir exécutif. Staetsblad.[12]
L’ortographe, la ponctuation et l’emploi des majuscules ont été maintenus.
Après l’acceptation de la couronne de la Belgique par Léopold de Saxe-Cobourg-Gotha
et le jour avant sa prestation de serment comme roi des belges, le 21 juillet
1831, le Congrès National adopte une résolution tendant à insérer, dans les
articles 60 et 61 de la constitution, les noms de "Son Altesse Royale
le Prince Léopold de Saxe-Cobourg". Un arrêté du 1er
septembre 1831 ordonne l’insertion de la constitution au Bulletin Officiel
avec énonciation des noms du Roi élu.[13]
La version authentique de la constitution a été détruite lors de l’incendie de
1883. Le texte authentique néerlandais de la constitution de 1831 a été adopté
le 10 avril 1967.[14]
Bibliographie
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Omwenteling : een conservatieve opstand in een achterlijk
land ?"in Tijdschrift voor geschiedenis, 80 (1967), 303-330.
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l’homme et du citoyen au Congrès de Polleur: essai d’interprétation
historique", in: Bulletin de la Société verviétoise d’archéologie et
d’histoire, 73 (2005), 35-96.
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déclaration franchimontoise des droits de l’homme et du citoyen. Les 25 séances
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Imprimerie G. Pirard, (1964).
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Régime en revolutie : een institutionele en historische procesanalyse van
politiek, instellingen en ideologie in de Habsburgse, de Nederlandse en de
Vlaamse politieke ruimte (1700/1755-1790), Brussel: Algemeen Rijksarchief,
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zeden en gewoonten’. De intellectuele context van de eerste Belgische
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A. Vermer, La Révolution bouillonnaise et
ses lendemains. Contribution à l’histoire des révolutions de la fin du XVIIIe
siècle (Anciens Pays et Assemblées d’États, vol. 65), Heule: UGA, 1975.
[1] Pour les textes de ces constitutions, vide France.
[2] Des 1.604 notables belges, 796 ont voté contre le projet, dont 126
avec la motivation explicite "pour des raisons religieuses"; 527 pour
et 281 sont restés absents. Puisque la liberté de religion est imposée par les
Puissances, Guillaume Ier a refait le calcul suivant
"l’arithmétique hollandaise": 934 pour (527 + 281 (abstinents) + 126
(pour des raisons religieuses) et 670 contre (796 – 126 (pour des raisons
religieuses).
[3] Supplément au N°. 29 du Journal Officiel. Deuxième série.
Troisième trimestre 1815. Cinquième volume. Bruxelles, Lundi 28 Aout 1815.
Pour le texte de cette constitution, vide: Nederland.
[4] (J.-G. Brixhe), Journal des séances du Congrès du Marquisat de
Franchimont, tenu au village de Polleur; commencé le 26 Août 1789. Suite du
Journal du Congrès du Marquisat de Franchemont. 4e et 5e
séances, Liège: Chez Jean-Jacques Tutot, 1789, 37-38.
[5] J.-G. Brixhe, Code de droit public du pays réuni de Franchimont,
Stavelot et Logne, Verviers: Oger, 2 vol., an IV.
[6] L.P. Gachard
(ed.), Documents politiques et diplomatiques sur la Révolution belge de
1790, Bruxelles: H. Remy, 1834, 113-122; P. Verhaegen, Recueil des ordonnances des Pays-Bas autrichiens.
Troisième série,
Bruxelles: J. Goemare, 1914, vol. 13, 418-421.
[7] Bouillon, Archives de la ville, II, 279.
[8] Arlon, Archives de l’État à Arlon, Cour Souveraine de Bouillon, 16:
Ordonnances et reliefs. 1787-1794.
[9] Projet de constitution pour la Belgique, Bruxelles: Louis
Hauman et Compagnie, 1831.
[10] Projet de constitution (s.l.): (1831).
E. Huyttens, Discussions du Congrès
national de Belgique. 1830-1831, Bruxelles: Société typographique belge,
1844, vol. 4, 50-55.
[11] H. Dippel, "Modern Constitutionalism, an introduction to a
history in need of writing", in: Legal History Review, 73 (2005), 164.
Contra: A. de Dijn, "A pragmatic conservatism. Montesquieu and the
framing of the Belgian constitution (1830-1831)", in: History of
European Ideas, 28 (2002), 227-245; A. de Dijn, "’In overeenstemming
met onze zeden en gewoonten’. De intellectuele context van de eerste Belgische
constitutie (1815-1830)", in: Bijdragen en mededelingen omtrent de
geschiedenis der Nederlanden, 117 (2002), 25-45.
[12] Bulletin officiel des décrets du Congrès National de la
Belgique, et des arrêtés du pouvoir exécutif. Staetsblad, Bruxelles:
Imprimerie de Weisenbruch père, 1831, t. 1, nr. XIV, 44, 160-178.
[13] Bulletin officiel des
décrets du Congrès national de la Belgique et des arrêtés du pouvoir exécutif.
Staetsblad, Bruxelles: Imprimerie de Weisenbuch
père, 1831, dl. 4, nr. LXXXVIII, 215, 1002-1045.
[14] Moniteur belge, 3 mai 1967.